Maladies et pathologie de votre cheval, Problèmes respiratoires

Les solutions complémentaires pour soulager l’asthme équin

l'asthme équin

La prise en charge de l’asthme équin repose avant tout sur une gestion rigoureuse de l’environnement du cheval, car la réduction de l’exposition aux allergènes demeure la mesure la plus efficace pour limiter les crises et améliorer la fonction respiratoire à long terme (Mańkowska & Witkowska, 2024). À ces mesures s’ajoutent les traitements médicamenteux, principalement les corticostéroïdes et les bronchodilatateurs (Léguillette, 2003), qui permettent de contrôler l’inflammation et de soulager les symptômes lors des épisodes aigus. Ces médicaments peuvent être administrés par voie inhalée, orale ou injectable. La combinaison idéale de ces médicaments doit être définie en concertation avec le vétérinaire, en fonction de la sévérité de la maladie. Toutefois, face aux limites et aux effets secondaires potentiels de ces traitements avec un usage à long terme (Mainguy-Seers & Lavoie, 2021), l’intérêt pour des approches complémentaires ne cesse de croître.

Dans cet article, nous faisons un état des lieux des solutions dites « alternatives » ou de « supports » qui montrent un potentiel intéressant pour soutenir la santé respiratoire du cheval asthmatique, en complément d’une bonne maîtrise (indispensable) de son environnement.

Les solutions nutraceutiques pour soulager l’asthme équin

Les oméga-3 (ω3)

Les ω3 sont des acides gras essentiels que les chevaux ne peuvent pas synthétiser eux-mêmes et doivent donc obtenir via leur alimentation. Présents notamment dans certaines huiles végétales et les graines de lin, ces acides gras sont reconnus pour leurs propriétés anti-inflammatoires. Dans le cadre de l’asthme équin, deux études ont montré leur potentiel bénéfice.

La première étude (Khol-Parisini et al., 2007) menée sur des chevaux atteints d’asthme sévère a comparé l’effet de deux sources d’huiles : l’huile de tournesol, riche en acides gras ω6, et l’huile de lard de phoque, riche en ω3. Après dix semaines de supplémentation en huile de phoque dans un régime à base de foin et d’avoine, les chercheurs ont observé une incorporation efficace des acides gras dans les membranes des leucocytes, une diminution du rapport ω6/ω3 dans le plasma et les cellules immunitaires, ainsi qu’une réduction significative du nombre de leucocytes dans les voies respiratoires traduisant une possible réduction de l’inflammation. En revanche, la fonction pulmonaire et les signes cliniques n’ont pas été significativement modifiés par le type d’huile administrée. Ces résultats suggèrent que les ω3 issus de l’huile de phoque peuvent moduler la réponse inflammatoire pulmonaire chez les chevaux atteints d’asthme sévère, mais sans amélioration clinique immédiate. Des recherches supplémentaires étaient nécessaires pour confirmer leurs effets à long terme sur les médiateurs de l’inflammation et le confort respiratoire.

La seconde étude (Nógrádi et al., 2014) menée presque 10 ans plus tard, a évalué les effets d’une supplémentation en ω3 (issues d’algues) chez des chevaux atteints d’asthme équin modéré et sévère. Cette fois-ci, les chevaux étaient nourris avec un aliment granulé complet sans foin pour limiter la poussière. Les chevaux supplémentés ont montré une amélioration des signes cliniques, de la fonction pulmonaire et une réduction de l’inflammation des voies respiratoires, contrairement au groupe témoin. Ces bénéfices semblent liés à l’augmentation des ω3 plasmatique, indiquant une bonne assimilation du complément. L’effet positif observé serait comparable à celui d’un traitement à la dexaméthasone, sans ses effets secondaires. En revanche, le stress oxydatif n’a pas été modifié, suggérant que l’amélioration clinique découle surtout de la modulation de la réponse inflammatoire plutôt que d’une réduction directe du stress oxydatif. La dose utilisée (1.5 g d’ω3/jour) a suffi à induire une réponse, sans bénéfice supplémentaire avec la dose double, laissant penser qu’il existe une limite d’absorption. Les chevaux ont bien accepté le supplément, ce qui en fait une option pratique et durable pour la gestion des affections respiratoires chroniques.

Ainsi, la combinaison d’une alimentation pauvre en poussière et d’une supplémentation en ω3 apparaît comme une stratégie efficace pour réduire l’inflammation et améliorer le confort respiratoire des chevaux atteints d’asthme modéré et sévère.

Les antioxydants

Les oxydants sont des molécules instables, comme les radicaux libres, produites naturellement par le métabolisme ou en réponse à des agressions extérieures (exercice intense, inflammation, pollution, poussière, etc.). Ces molécules peuvent endommager les cellules, les lipides et les protéines, provoquant ce qu’on appelle le stress oxydatif. Il existe des composés capables de neutraliser les oxydants : les antioxydants. Ils peuvent être produits naturellement par l’organisme (comme le glutathion) ou apportés par l’alimentation. Chez le cheval, cet équilibre entre oxydants et antioxydants est essentiel au bon fonctionnement du système immunitaire, à la santé musculaire et respiratoire, ainsi qu’à la récupération après l’effort. Il existe une base physiologique solide suggérant que la réduction du stress oxydatif pourrait améliorer la santé et la fonction des voies respiratoires, mais les preuves cliniques robustes sont longtemps restées limitées.

Une étude d’il y a plus de 20 ans (Kirschvink et al., 2022) s’est intéressée aux effets d’un mélange naturel d’antioxydants (vitamines E et C, sélénium) distribué pendant 4 semaines à des chevaux atteints d’asthme sévère en rémission clinique. Ces chevaux ont présenté une amélioration significative de la tolérance à l’exercice et une réduction de l’inflammation des voies respiratoires observée par endoscopie, comparativement au groupe témoin. Les analyses sanguines ont révélé une diminution de l’acide urique, suggérant une régulation du métabolisme oxydatif, tandis que les autres marqueurs de stress oxydatif restaient inchangés. Ces résultats indiquent que la supplémentation a contribué à rééquilibrer le système oxydant/antioxydant et à moduler la réponse inflammatoire, sans modifier directement les marqueurs pulmonaires. De nouvelles données ont été publiées 20 ans plus tard (Andrews et al., 2025). Dans la première partie de l’étude, des chevaux atteints d’asthme modéré ont été supplémentés pendant 6 à 8 semaines avec un mélange de polyphénols. Cette supplémentation a entraîné une diminution significative du pourcentage de neutrophiles dans le liquide broncho-alvéolaire et de la concentration en interleukine-6 (cytokine pro-inflammatoire), ainsi qu’une plus forte baisse de l’IL-10 par rapport aux chevaux sains, suggérant un effet modulateur sur l’inflammation pulmonaire. La seconde partie de l’étude visait à tester l’effet de la supplémentation dans un contexte environnemental défavorable, en exposant des chevaux asthmatiques à du foin poussiéreux pendant 4 semaines. Les chevaux supplémentés en polyphénols présentaient une fréquence respiratoire plus faible et moins d’examens à la réinhalation anormaux que les chevaux témoins, indiquant que la supplémentation pouvait atténuer les signes cliniques d’inflammation respiratoire même en conditions stressantes.

Les solutions à base de plantes

Les plantes aux propriétés anti-inflammatoires et expectorantes suscitent aussi un intérêt croissant dans la prise en charge complémentaire de l’asthme équin.

En phytothérapie occidentale, d’autres plantes sont souvent préconisées pour leur potentiel expectorant, anti-inflammatoire ou immunostimulant, telles que le tussilage, le lierre terrestre, le plantain lancéolé, le droséra, le molène, l’aunée, l’hysope ou le grindélia (Labre, 2017). D’autres approches complémentaires incluent l’aromathérapie, avec des huiles essentielles aux propriétés expectorantes ou immunostimulantes, comme le thym à thymol, le serpolet, l’eucalyptus, le romarin à verbénone ou l’estragon. Lors de leur utilisation, il est important de rester vigilant : certaines molécules peuvent être irritantes pour les voies respiratoires ou inflammables, et leur administration, notamment en nébulisation, doit être soigneusement contrôlée (Labre, 2017). Enfin, des stratégies telles que la gemmothérapie ont également été proposées, par exemple l’association de cassis, ronce et noisetier, administrée sur plusieurs semaines, deux fois par an (Heintz et Delbecque, 2017).

Ces pratiques s’inscrivent dans une approche de soutien général et préventif, mais leur efficacité clinique n’est pas pleinement démontrée et demande à être confirmées par des études scientifiques. Quelques-unes existent déjà.

Une étude (Van Den Hoven et al., 2003) a porté sur l’utilisation d’un médicament phytothérapeutique, associant principalement du thym et de la primevère, chez des chevaux atteints d’asthme sévère. Les résultats ont montré une amélioration du flux d’air et de la dynamique respiratoire, suggérant un effet bénéfique du médicament sur le confort respiratoire des chevaux asthmatiques. Dans le même esprit, une étude pilote (Pearson et al., 2007) menée en 2007 a évalué l’effet d’un mélange de plantes (comprenant notamment l’ail, l’hysope, la réglisse, le fenouil, le thym, ou encore le marrube blanc) chez des chevaux atteints d’asthme sévère. Cette étude consistait à administrer le complément à base de plantes ou un placebo de luzerne hachée sur 21 jours. Aucun effet significatif sur la microflore trachéale, la pression œsophagienne et la formule sanguine n’a été mis en évidence, mais une tendance à la baisse de la fréquence respiratoire et à une augmentation de la proportion de macrophages dans le liquide trachéal a été observée. Des travaux beaucoup plus récents confirment cet intérêt pour les approches phytothérapeutiques. Une étude (Stucchi et al., 2022) a montré qu’un supplément riche en extraits végétaux riches en flavonoïdes administré pendant 21 jours à des chevaux atteints d’asthme modéré permet une réduction significative des scores cliniques et du mucus trachéal.

Enfin, la médecine vétérinaire traditionnelle chinoise propose depuis longtemps des mélanges de plantes pour améliorer la fonction pulmonaire et réduire la toux. Plusieurs formules classiques, telles que Schisandra 5, Lily Combination, Bu Fei San ou Breath Easer, sont utilisées pour tonifier les poumons, apaiser l’inflammation et faciliter la respiration (Eaton, 2023). Ces préparations combinent une vingtaine de plantes et reposent sur des connaissances pharmacologiques accumulées depuis des siècles, avec l’avantage d’être généralement bien tolérées et peu associées à des effets secondaires, contrairement aux corticostéroïdes.

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Résumé : les approches alternatives pour soulager l’asthme équin

En complément des mesures environnementales indispensables dans la prise en charge de l’asthme équin, plusieurs approches alternatives ont été étudiées. Les preuves scientifiques disponibles sur ces approches restent limitées et souvent issues d’études pilotes ou de petits effectifs, mais elles suggèrent que certains nutriments, certaines plantes, extraits végétaux ou huiles essentielles peuvent apporter un bénéfice en réduisant l’inflammation des voies respiratoires et en améliorant le confort des chevaux. Toutefois, elles ne remplacent pas les traitements conventionnels et doivent être utilisées avec discernement. Leur usage doit s’inscrire dans une démarche de discussion et de suivi avec l’ensemble des acteurs de santé de l’équidé — professionnels de la santé équine et propriétaire.

Références

  • Mańkowska A., Witkowska D., 2024. The Most Common Environmental Risk Factors for Equine Asthma-A Narrative Review. Animals (Basel), 14(14):2062. https://doi.org/10.3390/ani14142062
  • Léguillette R., 2003. Recurrent airway obstruction–heaves. Vet Clin North Am Equine Pract, 19(1):63-86. https://doi.org/10.1016/S0749-0739(02)00067-6
  • Mainguy-Seers S. & Lavoie J.P., 2021. Glucocorticoid treatment in horses with asthma: A narrative review. J Vet Intern Med, 35(4):2045-2057. https://doi.org/10.1111/jvim.16189
  • Khol-Parisini A., van den Hoven R., Leinker S., Hulan H.W., Zentek J., 2007. Effects of feeding sunflower oil or seal blubber oil to horses with recurrent airway obstruction. Can J Vet Res, 71(1):59-65. PMID: 17193883
  • Kirschvink N., Fiévez L., Bougnet V., Art T., Degand G., Smith N., Marlin D., Roberts C., Harris P., Lekeux P., 2002. Effect of nutritional antioxidant supplementation on systemic and pulmonary antioxidant status, airway inflammation and lung function in heaves-affected horses. Equine Vet J, 34(7):705-12. https://doi.org/10.2746/042516402776250298
  • Andrews K.M., Berghaus L.J., Hart K.A., 2025. Effects of mixed polyphenol supplementation on lower airway inflammation in horses with Equine Asthma Syndrome. J Equine Vet Sci, 154:105681. https://doi.org/10.1016/j.jevs.2025.105681
  • Labre, P. (2017). Médecines naturelles en élevage : Tome 2, Phytothérapie et Aromathérapie chez les ruminants et le cheval (3ᵉ éd.). FEMENVET. 352 pages. ISBN 978-2-9516515-2-4.
  • Delbecque, V., & Heitz, F. (2017). Soins des animaux par les plantes. Éditions Ulmer.
  • van den Hoven R., Zappe H., Zitterl-Eglseer K., Jugl M., Franz C., 2003. Study of the effect of Bronchipret on the lung function of five Austrian saddle horses suffering recurrent airway obstruction (heaves). Vet Rec, 152(18):555-7. https://doi.org/10.1136/vr.152.18.555
  • Pearson W., Charch A., Brewer D., Clarke A.F., 2007. Pilot study investigating the ability of an herbal composite to alleviate clinical signs of respiratory dysfunction in horses with recurrent airway obstruction. Can J Vet Res, 71(2):145-51. PMID: 17479778
  • Stucchi L., Lo Feudo C.M., Stancari G., Conturba B., Ferrucci F., 2022. Effect of the Administration of a Nutraceutical Supplement in Racehorses with Lower Airway Inflammation. Animals (Basel), 12(18):2479. https://doi.org/10.3390/ani12182479
  • Eaton S., 2023. Management of equine allergic airway disease: A review of conventional and complementary therapies. Am J Trad Chin Vet Med, 18(2):43-53. https://doi.org/10.59565/001c.84481
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A propos de Marylou Baraille

Chargée d'affaires en nutrition équine chez Mila Moka | Ingénieure agronome spécialisée en production animale (Institut Agro Dijon) & Docteure en nutrition équine (Université de Bourgogne)

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